Recruter un salarié en agriculture peut représenter un coût important pour un employeur. Heureusement, plusieurs aides existent pour alléger les charges et encourager l’embauche, notamment via des exonérations de cotisations sociales et des subventions. Quels dispositifs sont accessibles aux exploitants agricoles ? Voici un tour d’horizon des aides disponibles et des conditions à remplir pour en bénéficier.
À retenir
- Plusieurs exonérations allègent les cotisations sociales selon le contrat et le profil du salarié.
- Les contrats en alternance ouvrent droit à des aides financières.
- Les exploitations en zones rurales prioritaires bénéficient d’exonérations spécifiques.
- Certaines aides ciblent des profils particuliers : travailleurs handicapés, demandeurs d’emploi, saisonniers.
- Toutes les démarches passent par la déclaration sociale nominative (DSN) ou par les organismes spécialisés.
Les exonérations de cotisations sociales
La réduction générale des cotisations patronales (ex-réduction Fillon)
Cette réduction s’applique à tous les employeurs du secteur privé, y compris les exploitations agricoles, pour les salaires inférieurs à 3 fois le Smic depuis 2026. Elle permet une augmentation progressive des cotisations patronales de sécurité sociale, hors accident du travail et prévoyance complémentaire. Son calcul repose sur un coefficient dégressif en fonction du salaire : plus la rémunération s’élève, plus le coefficient diminue, plus la part des cotisations patronales dans le coût de l’emploi augmente.
Formalités : aucune formalité particulière, la réduction est accordée sur la base des données transmises avec la déclaration sociale nominative (DSN).
L’exonération pour les travailleurs occasionnels et demandeurs d’emploi (TO-DE)
Ce dispositif spécifique aux employeurs agricoles permet une exonération totale des cotisations patronales de sécurité sociale (hors accidents du travail) jusqu’à 1,25 Smic pendant 119 jours ouvrés pour l’embauche de :
- Salariés saisonniers engagés pour des travaux dans les exploitations agricoles,
- Demandeurs d’emploi embauchés en groupement d’employeurs et en CDI sous certaines conditions.
Formalités : aucune formalité particulière, l’exonération est accordée sur la base des données transmises avec la DSN.
Les contrats de formation : une opportunité pour recruter un collaborateur formé à ses méthodes de travail
Le contrat d’apprentissage
Il s’adresse aux jeunes de moins de 30 ans souhaitant acquérir une qualification professionnelle tout en travaillant. L’employeur bénéficie :
-De la réduction générale des cotisations sociales patronales ;
-D’une aide passée à 5 000 € en 2025 (pour l’entreprise de moins de 250 salariés).
Formalités : l’employeur doit signer un contrat d’apprentissage avec le jeune et l’enregistrer auprès d’OCAPIAT, opérateur chargé de financer la formation des salariés en agriculture.
Le contrat de professionnalisation
Ce contrat permet à un employeur d’embaucher un jeune ou un demandeur d’emploi en alternance. Il ouvre droit à :
-La réduction générale des cotisations patronales,
-Un financement par OCAPIAT de tout ou partie des coûts de la formation délivrée par un organisme agréé.
Formalités : un tuteur doit être désigné dans l’exploitation et le contrat de professionnalisation signé avec l’alternant est enregistré auprès d’OCAPIAT.
Les aides pour l’embauche en zone rurale
Les exploitations situées en Zone de Revitalisation Rurale (ZRR) ou en Zone France Ruralités Revitalisation (ZFRR) peuvent bénéficier d’une exonération des cotisations patronales de sécurité sociale pendant 12 mois pour l’embauche de salariés en CDI ou en CDD de plus de 12 mois, jusqu’à 50 salariés. L’exonération est totale pour un salaire inférieur ou égal à1,5 Smic et dégressive ensuite, elle est nulle à 2,4 Smic.
Formalités : accomplies avec la DSN et déclaration auprès de la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) dans les 30 jours du début du contrat.
Des aides spécifiques pour certains profils de salariés
L’aide à l’embauche d’un travailleur handicapé
L’Agefiph finance l’insertion et le maintien dans l’emploi des salariés en situation de handicap. Si le salarié à recruter est concerné ; se rapprocher du CAP Emploi (taper ces mots clés sur le site de l’Agefiph) du département. A noter, pour le recrutement d’un apprenti handicapé le montant de l’aide au contrat d’apprentissage est de 6 000 €.
👉 Formalités : accomplie avec le conseiller CAP Emploi.
Le Contrat unique d’insertion, contrat initiative emploi (CUI-CIE)
Il comporte des aides modulées en fonction de la région et de la situation de la personne à insérer dans l’emploi. Il est proposé aux employeurs qui font appel à France Travail pour leur recrutement, un parcours de formation sera mis en place en faveur du salarié.
Comment choisir la bonne aide pour votre exploitation ?
Le choix du dispositif dépend de plusieurs critères :
- Le type de contrat envisagé (CDI, CDD, apprentissage, professionnalisation),
- Le profil du salarié embauché (jeune, demandeur d’emploi, travailleur handicapé, saisonnier),
- La localisation de l’exploitation (ZRR, ZFRR).
En combinant plusieurs aides et exonérations, il est possible de réduire significativement le coût de l’embauche. Pour sécuriser vos démarches, rapprochez-vous du service emploi de votre FDSEA afin de vérifier votre éligibilité aux différentes aides.
