Fixer le salaire d’un salarié en agriculture ne se fait pas au hasard. Il existe une grille de rémunération minimale dans la convention collective. L’employeur doit respecter aussi certaines règles tout en valorisant les compétences de ses salariés. Voici les étapes clés à suivre pour déterminer cette rémunération minimale à appliquer dans votre exploitation.
À retenir
- La grille des salaires minima s’impose à tous les employeurs agricoles.
- La classification des emplois détermine le niveau de rémunération.
- Vous pouvez ajouter des primes et avantages pour fidéliser vos salariés.
- L’égalité salariale entre salariés est une obligation légale.
- Un avenant est nécessaire en cas de changement temporaire de poste.
Respecter la grille des salaires minima
La convention collective nationale (CCN) de la production agricole et des CUMA impose une grille de salaires minima par paliers qui doit être respectée. Ces salaires varient selon la qualification et les responsabilités associées à chaque poste, évaluées selon la classification des emplois.
Les salaires minima conventionnels s’échelonnent sur plusieurs paliers, allant du salaire minimum pour emploi sans qualification ni responsabilité à une rémunération plus élevée pour les postes à plus haute responsabilité.
Où consulter les montants actualisés ? Les grilles de salaires sont mises à jour régulièrement. Vous pouvez les retrouver sur le site convention-agricole.fr.
Classer l’emploi du salarié
La classification des emplois agricoles [convention-agricole.fr] repose sur cinq critères principaux :
Critère | Ce qu’il évalue |
Technicité | Maîtrise des outils et des techniques professionnels |
Autonomie | Niveau d’indépendance dans le travail |
Responsabilité | Impact des décisions sur l’exploitation |
Management | Encadrement éventuel d’autres salariés |
Relationnel | Relations avec clients, fournisseurs ou partenaires |
A chaque critère, l’employeur attribue un degré avec ses points, et la somme des points ainsi obtenus définit un coefficient d’emploi qui donne le palier de rémunération correspondant.
Exemple : Si vous embauchez un salarié pour effectuer des travaux sans aucune complexité, cueillette par exemple, son coefficient sera 9 et le salaire minimum sera celui du premier palier de la grille.
Primes et avantages : valoriser la rémunération
Au-delà du salaire de base, des compléments peuvent être accordés pour motiver et fidéliser vos salariés :
- Prime d’ancienneté (souvent prévue par l’accord territorial applicable à l’entreprise) : majoration du salaire en fonction des années passées dans l’exploitation.
- Heures supplémentaires : majorées selon la législation en vigueur.
- Avantages en nature : logement, repas, véhicule de fonction, etc.
- Prime de performance ou de résultats : selon les objectifs atteints.
- Chèques cadeaux.
- Epargne salariale : intéressement, plan d’épargne…
Ces éléments permettent de valoriser le travail des salariés et d’améliorer l’attractivité des postes.
Rémunération et égalité de traitement
L’égalité salariale est une obligation légale. Ainsi :
- Un salarié en CDD doit percevoir le même salaire qu’un salarié en CDI à poste équivalent.
- Une personne en situation de handicap ne peut pas être payée en dessous des minima conventionnels.
- L’égalité salariale entre femmes et hommes est un principe fondamental.
- Aucune discrimination salariale ne peut être appliquée en fonction de critères comme l’appartenance syndicale ou la situation familiale.
Ces éléments permettent de valoriser le travail individuel de chaque salarié mais doivent être objectifs et respecter ces règles d’égalité et de non-discrimination.
Cas particulier : changement temporaire de poste
Un salarié peut être amené à occuper temporairement un autre emploi. Deux cas de figure existent :
- Le poste temporaire a un niveau de qualification inférieur : le salarié conserve son salaire habituel.
- Le poste temporaire a un niveau de qualification supérieur : le salarié doit être payé selon la rémunération correspondante durant cette période temporaire.
Dans ce dernier cas, un avenant au contrat de travail doit préciser :
- Les nouvelles missions confiées,
- La durée de l’affectation temporaire,
- Le salaire appliqué durant cette période.
Fixer le salaire repose sur des règles claires définies par la grille de rémunération et la classification des emplois. En tant qu’employeur, vous devez vérifier que la rémunération est conforme à la convention collective tout en prenant en compte les compétences et les responsabilités du poste occupé. Une politique de rémunération bien définie permet d’assurer l’équité entre les salariés et de valoriser le travail de chacun dans l’exploitation agricole.
